« Jadis, il n'y avait sur Terre aucun homme, aucun animal, aucun arbre. Il n'y
avait rien. Ce n'était qu'une vaste étendue désolée et sans limites, recouverte par les eaux. Dans le silence des ténèbres vivaient les Dieux. Ils parlèrent entre eux et se mirent d'accord sur ce qu'ils devaient faire. Ils firent jaillir la lumière qui illumina pour la première fois la Terre. Puis la mer se retira, laissant apparaître des terres où les arbres et les fleurs poussèrent. […] »
Extrait du Popol Vuh, livre sacré des mayas-quiché. L’un des rares textes mythologiques qui nous soit arrivé.
« Au commencement, Dieu créa les cieux et la terre. La terre était informe et vide: il y avait des ténèbres à la surface de l'abîme, et l'esprit de Dieu se mouvait au-dessus des eaux. Dieu dit : Que la lumière soit ! Et la lumière fut. Dieu vit que la lumière était bonne ; et Dieu sépara la lumière d'avec les ténèbres. Dieu appela la lumière jour, et il appela les ténèbres nuit. Ainsi, il y eut un soir, et il y eut un matin : ce fut le premier jour. Dieu dit: " Qu'il y ait un firmament entre les eaux, et qu'il sépare les eaux d'avec les eaux. Et Dieu fit le firmament, et il sépara les eaux qui sont au-dessous du firmament d'avec les eaux qui sont au-dessus du firmament. Et cela fut ainsi. Dieu appela le firmament Ciel. Et il y eut un soir et il y eut un matin; ce fut le second jour. Dieu dit: " Que les eaux qui sont au-dessous du ciel se rassemblent en un seul lieu, et que le sec paraisse. " Et cela fut ainsi. Dieu appela le sec Terre, et il appela Mer l'amas des eaux. Et Dieu vit que cela était bon. Puis Dieu dit: " Que la terre fasse pousser du gazon des herbes portant semence, des arbres a fruit produisant, selon leur espèce, du fruit ayant en soi sa semence, sur la terre. " Et cela fut ainsi. […] »
Extrait de la bible, Genèse 1 :1
Qu’est-ce qu’un mythe ?
Un mythe est un récit qui se veut explicatif et surtout fondateur d'une pratique sociale.
De tous temps et de toutes époques, les mythes proposent une explication pour certains aspects fondamentaux du monde et de la société qui a forgé et qui véhicule ces mythes.
Aussi différentes toutes les civilisations et leur histoire, les mythes antiques se recoupent sous quatre principaux thèmes :
- - la création du monde (cosmogonie) ;
- - les phénomènes naturels ;
- - le statut de l'être humain, et notamment ses rapports avec le divin, avec la nature, avec les autres individus (d'un autre sexe, d'un autre groupe), etc.
- - La genèse d'une société humaine et ses relations avec les autres sociétés.
Le déluge est un thème si récurrent dans toutes les mythologies, que certains se sont demandés s’il n’avait pas eu lieu. Mais qu’avons-nous de commun, si ce n’est une seule et même vulnérabilité ?
C’est ainsi que dans les métamorphoses d’Ovide, la bible, les mythes Guaraníes ou Mayas, on crée l’homme à partir de la terre, que celui-ci transgressera une règle divine et qu’on le punira par un déluge. Infime exemple des ressemblances qui recoupe chacun des mythes, croyances ou légendes que l’on peut rencontrer à travers le monde.
Mais qu’en est-il aujourd’hui ? Avons-nous abandonné nos mythes ?
Si le mythe a perdu son monopole d’outils de savoir, et s’il semble même tombé en désuétude, il répond pourtant toujours à un besoin de fiction toujours aussi contemporain.
Légendes urbaines, histoire de famille, superstitions, contes, autant de formes qu'il emprunte aujourd’hui. Différents thèmes empruntés au mythe restent d’ailleurs au centre des préoccupations contemporaines et inonde notre littérature, philosophie ou cinéma comme la figure amoureuse, le caractère de l’homme et l’utopie, l’idéal (Eden) perdu.
Ce sont ces trois champs que j’aimerais investir, en proposant des images –textes, recherches, dessins etc - empreints de cette mythologie européenne et de ma découverte de la culture précolombienne.
Il ne s’agit pas d’illustrer, d’imager des mythes préexistant mais d’explorer leur représentation ; Les métaphores, texte-image ; Sculpture, entre utilitaire et figures anthropomorphiques ; et par ce biais là proposer une lecture contemporaine du mythe.
Cette recherche est aussi une manière de rendre compte de mon voyage en Amérique du sud et plus principalement en Argentine, où deux mondes-images qui se recoupent et offrent une lecture complexe et sensible de l’homme et ses maux.
Les métaphores, texte-image
Dans la continuité de « la naissance des sexes », je souhaiterais proposer un deuxième volume dont le point de départ serait la figure amoureuse et le mythe de l’androgyne. Dès que l’homme a été divisé et sexué, n’a-t’il pas en effet chercher perpétuellement à reformer un être unique ? L’androgyne me paraît être une figure qui correspond à la fois à l’obsession contemporaine, et intemporelle, de l’homme pour la figure amoureuse mais aussi au mythe de l’idéal perdu et jamais retrouvé. Homme sans tourment car pure du vice et entier.
En parallèle de l’écriture et du dessin du deuxième volume, le projet s’accompagnera d’une recherche graphique, basée sur un principe de dualité : deux figures, deux couleurs, la partie et le tout.
Carnet de dessin, stylo et crayon de couleur
Gravure sur tetra pack
Linogravures, premières estampes.
Linogravures, premières estampes.
Sculpture, entre utilitaire et anthropomorphique
Cette question de la dualité et de la création de la forme, est initialement à l’origine que presque chacun des mythes fondateurs. Qu’il s’agisse de boue ou de roches, l’homme semble surgir et affleurer de la terre, se transforme, se détruit, renaît, se déforme jusqu’à devenir figure. Mais à partir de quel moment, celui-ci prend forme ? Quel est le point où la forme abstraite devient figurative ? Les époques de création des mythes ont toujours été accompagnées d’un artisanat lié directement à ces mythes. Mais au-delà de leur représentation, on peut voir notamment dans toutes les cultures précolombiennes que l’artisanat tient une place plus importante que seulement utilitaire et que la fonction se mêle à une conception anthropomorphique du monde et des choses. Les objets prennent tour à tour une figure religieuse, humaine, animale sans pour autant devenir statue ou icône. Mais la question est aussi, quelle est la part de fiction de l’objet, figuratif ou non ? Comment la classification des objets s'est-elle toujours divisée entre utilitaire et sacré ?
Toujours en série, l’idée est de créer une collection d’objet en céramique rendant sensible cette recherche entre figuratif et abstrait, où le graphisme détruit la figure ou au contraire, la découpe d’un bol dessine une silhouette. Le travail en série me permettra aussi d’essayer en volume l’assemblage, différentes parties ou figures formant un tout, totem modulable.








Recherches de formes, argile et plâtre.
Modules en plâtre.
Sinon à part ça j'essaie de comprendre ce qu'il se passe ici, politiquement, socialement, économiquement.
Pourquoi un pays aussi riche que l'argentine se retrouve dans une situation catastrophique ? Comment un gouvernement peut-être à la fois socialiste-populiste et absolument corrompu ? Pourquoi l'Argentine est un pays gouvernement a ordonné le génocide de son propre peuple ? Comment l'Europe a pu fermer les yeux sur ce qu'il s'est passé ici ces 40 dernières années et pourquoi l'histoire d'un continent entier ne fait pas partie de nos cours d'histoires ? Comment résistent les argentins ?
Beaucoup de questions que se posent les argentins eux-même.
À bientôt,
Diane.









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